Fatigue, je sors, là.

Hier soir, je règle mon radio-réveil après avoir préparé ma valise (un peu de chance dans un monde de méchant).

Donc, j’ajuste consciencieusement l’heure de réveil à 5h20, je vérifie deux fois le volume sonore ainsi que la led orange qui me dit que tout est en ordre pour un réveil des plus matinaux, si quand même.

Ai-je bien dormi ou mal dormi, seule la sorcière le sait.

Dans mes rêves, beaucoup plus tard, j’entends une sorte de « pom, pom, pom » un peu comme un moteur diesel de bateau.
J’ouvre un oeil!

Bingo, 6000… Je viens de gagner 6000 euros au grand jeu du loto, le chiffre s’affiche en grand sous mes yeux!

« pom, pom, pom »

Maaaaaaaaaaaa !!!

06h00… Le « pom, pom pom », c’est tout bonnement le taxi qui ronronne impatiemment dans la rue!

Oups! Je saute du lit comme on saute en parachute, d’un coup, je passe par la salle de bain, j’ouvre le robinet, prends le rasoir, la mousse à raser, me rase et fais pipi dans le lavabo le tout en 1mn30″, tout synchro (chuttttttttt !!!).

J’attrape au vol ma trousse de toilette miniature spécial vol pour voyage en avion, tu sais avec tous les mini flacons tout prêts pour ne pas se faire chopper au contrôle X des aéroports. Si madame, cela m’est arrivé pas plus tard qu’il y a un mois, les méchants m’ont subtilisé ma bombe de mousse à raser et mon dentifrice au prétexte qu’ils étaient hors norme (comprendre + de 100 ML).

J’enfile mon pantalon sans ceinture, ma chemise sans mettre les boutons ni cravate, ma veste. Euh! si, si j’ai mis un slip!
2Mn

J’attrappe mon portable, mon sac à dos, ma valise que je ferme les yeux fermés, mes papiers, mon chapeau.

30″

Je sors au galop, au triple galop même.

6h06 je suis dans le taxi !

Le taxi démarre dans un « pom, pom, pom » de bateau qui quitte le port.

Je fais:
« Votre pot est mort, mais quel pot alors! »

Eberlué, le chauffeur me répond:
« Ben, vous avez l’oreille, vous! »
« Si c’est ce que vous appelez avoir du pot ! »

Il ne se doute pas que le « pom, pom pom » de son pot d’échappement en déliquescence vient de me tirer du sommeil il y a un peu plus de 5 minutes, un vrai coup de pot.

Ma journée s’est passée en réunion complète… J’ai même eu droit au big boss à côté de moi à table… C’est dire si la journée a été en continue.

Ce soir, je saute dans le metro pour la gare de l’Est.

Manque de pot, une station plus tard, j’entends une voix (nan, pas des voix) qui dit, un colis égaré en station MAchinTruc a interrompu le service. Merci de patienter!!!

Maaaaaaaaaaa!!! Mais je vais rater mon train moaaaaa!

Je réfléchis à la vitesse d’un TGV. Je me dis, quel pot, je suis aux Halles, doit y avoir le RER pour me sauver la mise.

Et je cours dans les couloirs comme un parisien, si, c’est possible.

Le RER met un temps fou à arriver, un temps fou à quitter le quai, une histoire de fou tout ce temps qui file.

J’arrive Gare du Nord.

De mémoire, je crois me rappeler vaguement que la Gare de l’Est est toute proche vu qu’en metro, les stations respectives se suivent.

Sauf que, une fois dehors, après avoir avalé les marches quatre à quatre, je ne sais où aller!

J’interpelle une personne qui a le temps, qui attend, enfin, surtout, délit de facies (je le confesse) n’a pas le profil d’un voyageur pressé mais bel et bien celui d’un habitant du coin.

« Vous pourriez m’aider s’il vous plait (nan ,je ne tutoie pas facilement moa!) je cherche à joindre la gare de l’Est. »

Il me répond, « c’est par là tout droit puis ensuite sur votre droite. »

« Euh! il me reste 12 mn, j’ai le temps d’y aller à pied »

« Oui, sans problème, c’est à 5 minutes »

Piouuuuuu!!!

Et je cours sur les trottoirs comme un marathonien perdu dans la ville.

Il pleut dans la nuit, je ne vois rien.

Je redemande un peu plus loin confirmation car de gare je ne vois point.

J’arriverai sur le quai n°4, quelques minutes avant que l’ICE ne s’ébroue.

Suis arrivé un peu tard, dans la nuit.

J’ai encore mal dormi.

L’avantage c’est que je n’ai plus un seul courriel en souffrance de lecture.

Mais bon, à peine 4 heures de sommeil, quand le réveil a sonné ce matin, j’ai fait la sourde oreille!
Je me suis dit, attend la sonnerie de rappel que j’avais astucieusement programmé avec 10 mn de décalage sur mon portable, juste au cas où.
Sauf que, avec le peu de sommeil emmagasiné, je n’ai pas entendu le rappel.

J’ai ouvert les yeux par je ne sais quel instinct, il était 8h00 tout pile !!!

Mon collègue germanique était à l’accueil de l’hôtel pour me récupérer.

la fantaisie des français allait être célébrée…

Ce soir, retour à point d’heure.

J’ai assisté à un garden party pour Noël. Balade dans la forêt, un ‘tit snaps au milieu de la promenade, un vin chaud avec des bretzels et le gasthaus avec son RotKhole et ces Knopple, un vrai dépaysement.

J’arrive à l’aéroport, juste juste à l’heure.

Je pose tout, et cette fois, j’ai bien pris la trousse de toilette « miniaturisée ».

Rire, ma veste est mise sur une voei de garage.

Monsieur, vous avez une bouteille dans votre manteau.

Dans ma tête, je fais « non »…

Une demi-seconde pour réaliser que pendant la balade quelques heures auparavant, j’ai reçu une bouteille miniature d’eau de vie de Mirabelle!

Euh! ah! oui…

Et je sors timidement une bouteille de snaps de la poche du manteau.

Le gardien de sécurité sourit, Hum! Snaps Flasche, Alles Gut!

Rire, sourire, j’ai la tête en compote, je vais dormir de bout en bout.

Aqueduc

C’est un magnifique aqueduc romain qui file à travers la plaine.

Il est dans un état de conservation plus que surprenant, quasi intact. Sa couleur surprend aussi, grise uniforme, comme si quelqu’un ou les ans l’avait patiné en gris.

Il file comme un fil tendu dans la plaine, à mon avis, il doit joindre Orléans à Paris à moins que ce ne soit l’inverse. Oui, ce doit être l’inverse car on dit monter à Paris, si çà monte vers Paris, c’est que l’eau descend. Ce qui me surprend, dans l’architecture, c’est d’une part sa hauteur, j’avais à l’esprit des édifices romains pas très hauts pour les aqueducs, à mon avis, le Caïus Bonus d’ici avait de grandes idées, ah! Et puis aussi, la distance entre pilier, particulièrement importante.

Le train m’emmène, et l’aqueduc dessine sur la plaine avec l’horizon comme le bas d’un feston de rideau ajouré, ou le haut, et toujours en gris.

Ici, l’aqueduc se transforme en bannière publicitaire. Incroyable, des inscriptions au kilomètre sur des kilomètres!

Du « Libérer José Bové » en passant par « Non au nucléaire, oui à l’énergie propre», « Stopper les délocalisations de notre usine LaBelleCampagne » Dans l’ensemble, c’est surtout le « non » qui l’emporte… « Non à la construction d’une prison dans MaBelleVille » etc…

Parfois, une inscription qui tranche avec les revendications, « Je t’aime, oui », ou encore « j’aime la vie en bleu ». Toutes ces inscriptions à la peinture blanche, dans une écriture très stéréotypée en caractères majuscules d’imprimerie, défilent, défilent. Depuis mon wagon, c’est un peu comme une guirlande de publicité, celle que l’on voit dans les matchs à la télévision lors de la retransmission des matchs de foot, une sorte de ruban ininterrompu, mais en monochrome blanc sur gris, infini.

« Non aux cultures OGM »… Je vais pas te faire toute la lecture, c’est sans fin. Une dernière! « Sarko, roi du show, tout pour le biz, rien pour toi » Quelques tags, mais peu, l’ouvrage tisse sa mémoire un peu trop loin des villes.

Mais !!!

C’est fou. L’aqueduc a été brisé net, en pleine campagne. Tu devineras jamais! Brisé net sur une centaine de mètres, comme un coup d’arrêt à la hache. Non, ce n’est pas le vestige d’un bombardement égaré de la dernière guerre, c’est uniquement pour laisser passer une autoroute. Un ouvrage plus que millénaire détruit… pour un ouvrage quelconque… Ils ont osé.

Autour de l’ouvrage, les premiers labours, la plaine toujours.

« Bertin quel gâchis ! »

Je lis distraitement.

Blanc délavé toujours sur un gris uniforme.

C’était le rail en béton de l’aérotrain de Bertin, l’ingénieur obstiné ayant conçu un train sur coussin d’air.

5955077807_3fc66fcc74_b

Crédit photo : KosmoGraddotNet

Lecture chez mon coiffeur

Hier, je suis allé chez mon coiffeur.

Rien d’extraordinaire en soi.

Mais il ne faut pas se fier aux apparences, parfois, les simples choses de la vie s’avèrent étonnantes.

Comme chez tout bon coiffeur qui se respecte, la lecture mise à disposition est tout à fait récente, voire tendance contrairement à la salle d’attente de mon médecin.

Il y a trois type de presse dans son présentoir:
La presse d’information
La presse masculine
La presse féminine.

C’est caricatural, mais c’est çà!

La presse d’info, j’avais déjà lu, la presse masculine de mon coiffeur suit ses goûts et hobbies, à savoir les sports mécaniques. Du coup, il y avait le dernier « moto magazine », c’était pas vraiment mon trip.
Il me restait la presse féminine, avec Elle, Cosmo, Femmes actuelles et que sais-je encore!

Je me plongeais donc dans cette lecture distractive ce qui m’autorise à vous faire une petite revue de presse 🙂

Si tu veux savoir si ton futur homme de ta vie est sincère ou non, pas de souci, rien de plus simple, tu souscris à un nouveau service avec ton opérateur et tu connaîtras tout des sentiments éperdus de ton interlocuteur !
En deux mots, tu lances le service, et ensuite tu discutes avec ton z’homme ! Le principe est basé sur l’analyse du timbre de la voix (vi, pour les SMS c’est rapé !). Le timbre porterait une signature incroyable, notamment sur la sincérité des propos tenus. Fini, les sérums de vérité, désormais, sitôt raccroché, une analyse pertinente est envoyée par SMS dans les minutes qui suivent. Si, si si ! L’histoire ne dis pas, si dans le cas de dissimulation affective patenté, tu pouvais demander l’option « plus » afin d’obtenir la liste des intrigantes de Monsieur. L’histoire ne dit non plus si le service s’applique aussi aux femmes (tu me diras, c’est une revue dite de la presse féminine !) . Bon si çà t’intéresse, j’ai noté l’opérateur, c’est KTF ! Tu connais pas ??? Ben, il te faudra déménager à Séoul, l’opérateur est coréen.

Un peu plus loin, figure toi que L’oréal pour celles qui le valent bien a fait une découverte qui va révolutionner les soins capillaires, plutôt la coloration. Des chercheurs ont mis en évidence une enzyme incroyable qui agit définitivement sur la pigmentation des cheveux. Oublié les cheveux blancs, fini les séances dans la salle de bain en technicolor avec la serviette sur les épaules, fini les séances interminables chez le coiffeur, une simple enzyme (euh ! j’sais pas moi, en pilule je présume), et hop ! le tour est joué. L’article poursuit en précisant qu’il faudra encore quelques années. Pffffffffff !!! Je te prédis que cela n’arrivera jamais sur le marché, tu vois toi, L’oréal s’amputer de revenu substantiel parce que tu le vaux bien. Les Belles colors au rencart ! Trop juteux pour que cela arrive.

Ah ! sur un tout autre thème, plutôt d’actualité, les vacances… Fini les vacances en tête à tête pendant que tu laisses lâchement la progéniture chez les grands-parents , désormais, les vacances se font en famille ! (Ah ! bon !!!, quelle nouvelle, pour ma part, je ne voyais pas les vacances autrement, je dois être en avance sur mon temps !). Donc fini disais-je les enfants en colonie pendant, que culpabilisant à mort, papa et maman jouaient à papa et maman aux Seychelles. Nan, çà c’était hier ! Maintenant, tu pars en famille ! Témoignage à l’appui, au Canada en trekking, à St Domingue pour la plongée ou dans le désert de Tasmanie pour l’aventure. Inoubliables et tellement mieux qu’un séjour à deux. Bon, le reportage ne parle pas du tout du budget de ces petits séjours familiaux, je présume que c’est accessible à toutes les bourses, vu que c’est la tendance du moment !!!

Pour terminer, vi, c’est un peu long, je n’ai pas l’habitude des revues de presse. Là, c’est pour une publicité, pour le coup, vraiment orientée cœur de cible pour les femmes. Figure toi que depuis des années, les bonnets de soutien-gorge s’appréciaient en lettre A, B, C, D (çà va jusqu’où, Z ?) enfin, c’est un fait établi, les seins avaient leur lettre de noblesse. Et les hommes, par la plastique intéressée uniquement, c’est connu, passait leur temps à cultiver leur talent d’évaluation…mais sans toucher, un art ! Et bien tout va se compliquer, figure-toi qu’après les dentelles avec mousse intégrée pour rehausser les petites poitrines, un truc que même un homme entraîné ne détecte pas de prime abord, voici, je te le donne en mille, la demi-pointure, nan, la demi-taille. A, A1/2, B, B1/2, C, C1/2. va révolutionner le confort de soutien de toutes les dames. Si çà c’est pas un coup marketing incroyable, figure toi que la plupart des femmes, statistiquement une sur deux, se trouve entre deux tailles. Çà va faire une activité commerciale colossale, un soutien-gorge sur deux à renouveler ! Sans compter que les hommes, peut informer de la chose, vont continuer à offrir goujatement des tailles rondes, A, B, C (vi, pas facile de changer de culture ancestrale). Du coup , çà va faire doubler les ventes, mais mon chéri, c’est pas du C que je mets, ah ! bon !!! c’est du B1/2. Je vois d’ici les explosions des ventes. Là, où je suis inquiet, c’est pour les effets co-latéraux. Vi, si Monsieur, la pupille enflammée, arrive avec sa lingerie en bonnet C et que Madame fait, mais c’est pour qui ???, moi, c’est du C1/2, c’est pas du tout pour moi, c’est pas ma taille, t’as une maîtresse en bonnet C ?

Moralité : il faut toujours lire attentivement les magazines de son coiffeur, et j’applique ! je vais de ce pas dans le tiroir à lingerie pour vérifier la demi-taille de madame 

d̃ ɑ.lǝ.blø

Trois!

Dans une vie, trois fois rien.

A l’autre bout, je ne sais te dire.

Trois fois douze.

L’essentiel est invisible.

Ecrire, juste écrire.

Respirer et sentir.

Un souffle orange et bleu.

Sans rien dire.

Il était une fois, sur la colline.

Quatre voyelles qui résonnent.

En Do majeur.

Deci delà.

Trois consonnes qui s’envolent.

En symphonie.

Quelques gouttes de pluie.

Beaucoup.

Dehors, la nuit bleue.

Encore.

Demain le jour se lève.

Un peu.

Des absences en silence.

Passionnément.

Sourire dans un reflet.

Plus loin, un jour.

Voyageur de l’âme.

Quelques chimères.

Les ondes subtiles.

Couleur Lapis Azuli.

Un poirier centenaire.

Plus de mille jours ou 16 saisons.

Une table, du bleu, du jaune.

Du goût.

Romantique d’un jour.

Romanesque toujours.

Une tourterelle comme seul témoin.

Croiser un regard.

La mer comme seule musique.

Suivre ce regard.

Une rencontre.

Bleu.