Coquelicot et caraco

J’entends déjà les quiproquos des érudits et autres étymologistes pros du dico.

Coquelicot, est un mot qui puise son étymologie aux confins de l’Europe et de l’Asie, dans le Caucase.

Là-bas, le mot « coque » ou « Kokq » en caucasien ancien signifie coquille brisée.

La fleur du coquelicot avant qu’elle ne s’épanouisse est contenue dans une coque qui rappelle celle d’un œuf.

Comme le poussin qui après avoir brisé de son bec la coquille pour sortir par petit coup, sort tout fripé, les pétales d’un coquelicot s’ouvrent tout ridés, comme un nouveau-né.

Pour le suffixe « licot », les origines sont plus incertaines. Certains ont rapportés qu’une ville des bords de la mer noire appelée Kalicou où le coton était produit, avait été le creuset de son appellation.

Ce coton permettait de tisser une étoffe de couleur rouge en cette ville de Kalicou, étoffe qui était très prisée des marchands du bassin méditerranéen. La teinte carmine était alors obtenue grâce à la cueillette des pétales de fleurs de crocus de couleur rouge. Quelques siècles plus tard, il fut découvert par hasard une variété de couleur jaune aux propriétés gustatives étonnantes, le safran mais c’est une autre histoire…

Pour désigner cette couleur de leur belle étoffe, les marchands l’ont baptisée grâce à ces deux mots juxtaposés ; l’aspect fripé avec Kokq, et le rendu vermillon de cette fleur, ce qui a donné naissance à « Kokq-Kalicou » puis la tradition orale avait consacré « coquelicot ».

D’autres ont véhiculé une légende toujours des bords de la mer Méditerranée, empruntée à la cité de Byzance du temps de sa splendeur où vivait une princesse. Cette princesse prénommée Papovera, avait demandé à sa couturière, Qaricoo, de lui confectionner une création qui n’aurait jamais été portée auparavant. La couturière lui avait alors dessiné un magnifique haut, de couleur rouge cinabre, avec de fines broderies.

La princesse avait mal reçu cette création, la jugeant trop classique et avait renvoyé la couturière à ses travaux pour ce joli haut sans la moindre considération pour l’ouvrage minutieux effectué.

La couturière, de rage avait arraché les broderies, le beau tissu rouge s’en était trouvé tout fripé et chiffonné, et pour achever de dénaturer sa création, la couturière avait à l’aide de ciseaux, découpé le bas du vêtement. Sans regret mais un peu d’amertume, elle avait laissé tomber le vêtement à même le sol.

Le lendemain, la princesse passant revoir sa couturière dans son atelier ne l’avait point trouvée, Qaricoo avait quitté la ville la veille au soir.

Le regard de Papovera fut attiré par le tissu rouge qui jonchait négligemment le sol. Elle le reprit, et décida de le passer. Papovera l’adopta tellement elle trouvait le vêtement simple et seyant. Son haut fit sensation en société, tout rouge, froissé, et très court. Papovera avait donné le nom de sa couturière à ce nouveau vêtement, le Qaricoo.

Ce vêtement avait marqué la sphère des couturières qui l’avait repris et popularisé. De nos jours, le «  caraco » directement tiré de l’appellation d’origine Qaricoo » est entré au dictionnaire pour décrire un corsage féminin, court à manches longues.

 

 

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